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Acheter un bien immobilier en Espagne : ce que les acheteurs français doivent savoir

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  1. 1. Le rôle du notaire
  2. 2. Le compromis de vente et l’acompte
  3. 3. Frais d’achat et droits de mutation
  4. 4. Informations fournies par le vendeur et expertises immobilières
  5. 5. Paiement à la signature
  6. 6. Commission de l’agent immobilier
  7. 7. Délais habituels
  8. Commencez votre recherche de bien immobilier en Espagne

L’Espagne est la destination la plus prisée des acheteurs français à l’étranger, et on comprend aisément pourquoi. La Costa del Sol, la Costa Blanca, Barcelone et les îles Baléares attirent chaque année des milliers d’acheteurs français, séduits par le climat, le mode de vie et la relative proximité avec la France. Ce qui est moins évident, c’est que le processus d’achat en Espagne fonctionne de manière assez différente de ce à quoi vous êtes habitué en France. Connaître ces différences à l’avance vous aide à aborder le processus en toute confiance et à comprendre comment fonctionnent les protections juridiques en Espagne.

La skyline de Barcelone et son port de plaisance sur la côte méditerranéenne, un marché immobilier majeur qui attire les acheteurs français en Espagne
Barcelone est l’une des destinations les plus prisées des acheteurs français souhaitant acquérir un bien immobilier en Espagne. Photo : Freepik

Avant de commencer, vous aurez besoin d’un numéro NIE (Número de Identidad de Extranjero) – le numéro d’identification fiscale espagnol requis pour tous les acheteurs étrangers. Vous devez en faire la demande dès le début du processus, car il est nécessaire avant de pouvoir signer un contrat ou finaliser un achat. En tant que citoyen français et ressortissant de l’UE, vous disposez exactement des mêmes droits immobiliers que les ressortissants espagnols.

1. Le rôle du notaire

En France, le notaire intervient dès le compromis de vente : il rassemble les documents, conserve l’acompte en compte séquestre, conseille les deux parties et gère tous les paiements jusqu’à la finalisation de la transaction. En Espagne, le rôle du notaire est bien plus limité. Il n’est présent que lors de la signature de l’acte final – l’escritura pública – où il vérifie l’identité des deux parties, confirme la situation juridique du bien immobilier et authentifie l’acte public, qui est ensuite enregistré au Registro de la Propiedad (cadastre) par la gestoría ou le représentant de l’acheteur. Le notaire espagnol ne conseille aucune des parties, ne conserve pas les dépôts et ne gère pas les paiements. Une fois l’acte enregistré, le système du cadastre espagnol garantit votre propriété légale – les protections sont solides, mais elles reposent sur le fait que votre avocat ait correctement effectué le travail préparatoire avant que vous n’atteigniez cette étape.

C’est pourquoi il est si important de faire appel à un abogado (avocat) indépendant en Espagne. Il effectue les vérifications préalables, examine tous les contrats et protège vos intérêts – un rôle que le notaire français remplit automatiquement. Les honoraires d’avocat s’élèvent généralement à environ 1 % plus la TVA, et constituent un ajout utile à votre budget.

Bon à savoir : les frais de notaire en Espagne sont moins élevés qu’en France – généralement entre 0,5 % et 1 % du prix d’achat – car ils ne couvrent que l’acte de vente, et non le rôle plus large de conseil et de gestion auquel vous êtes habitué en France.

2. Le compromis de vente et l’acompte

Une fois l’offre acceptée en France, vous signez un compromis de vente auprès du notaire. Cela vous accorde un délai de réflexion de 10 jours, une clause suspensive automatique si votre prêt immobilier est refusé, et votre acompte (5 % à 10 %) est conservé en toute sécurité sur un compte séquestre.

En Espagne, l’équivalent est le « contrato de arras » – un contrat privé entre l’acheteur et le vendeur, généralement rédigé par l’agent immobilier ou votre avocat. Lorsque vous le signez, vous versez directement un acompte de 10 %. Trois différences importantes par rapport au système français :

  • Il n’y a pas de délai de réflexion une fois que vous avez signé
  • Si vous vous rétractez, vous perdez votre acompte ; si le vendeur se rétracte, il vous rembourse le double
  • Une clause suspensive pour l’obtention du crédit immobilier n’est pas automatique – demandez-la explicitement à votre notaire avant de signer

Avant le contrato de arras, de nombreux agents vous demanderont de signer une reserva – un acompte plus modeste (généralement entre 3 000 et 6 000 €) pour retirer le bien du marché pendant que les vérifications juridiques sont effectuées. Faites toujours vérifier ce document par votre notaire avant de signer ou de verser quoi que ce soit.

Bon à savoir : contrairement à la France, en Espagne, l’acompte est versé directement à l’agent immobilier du vendeur ou au vendeur lui-même – il n’est pas conservé par un tiers neutre. Votre notaire doit vérifier les conditions avant que vous ne vous engagiez.

3. Frais d’achat et droits de mutation

Les frais d’achat en Espagne sont plus élevés qu’en France. Le coût total d’acquisition d’un bien immobilier existant représente environ 7 % à 8 % du prix d’achat. En Espagne, ils varient généralement entre 10 % et 12 %, principalement en raison de l’impôt régional sur les transmissions patrimoniales (ITP — Impuesto sobre Transmisiones Patrimoniales), qui diffère selon les communautés autonomes. Pour une construction neuve, vous payez 10 % de TVA (IVA) plus le droit de timbre à la place de l’ITP.

Taux régionaux de l’ITP pour les destinations les plus prisées des acheteurs français :

  • Andalousie (Costa del Sol, Séville) : 7 %
  • Murcie (Costa Cálida) : 8 %
  • Communauté valencienne (Costa Blanca, Valence) : 10 %
  • Catalogne (Barcelone, Costa Brava) : 10 %
  • Îles Baléares (Majorque, Ibiza) : 8 % à 11 %

Exemple concret – bien immobilier d’occasion de 300 000 € en Andalousie :

ITP à 7 % : 21 000 € | Notaire et enregistrement : environ 2 100 € | Avocat : environ 3 630 € | Gestoría : environ 400 €

Total : environ 27 000 € – soit environ 9 % du prix d’achat.

L’Andalousie a l’un des taux d’ITP les plus bas d’Espagne. Dans les régions où l’ITP est de 10 %, les coûts totaux pour le même bien immobilier seraient plutôt de l’ordre de 11 % à 12 %.

4. Informations fournies par le vendeur et expertises immobilières

L’Espagne ne dispose pas d’équivalent au dossier de diagnostics obligatoire français. Lorsque vous achetez en France, le vendeur doit fournir un ensemble complet de rapports avec le compromis de vente – notamment le DPE (diagnostic de performance énergétique), le rapport sur l’amiante, le rapport sur les termites et d’autres documents selon la localisation. En Espagne, le vendeur n’est légalement tenu de fournir qu’un certificat de performance énergétique. En Catalogne, une cédula de habitabilidad (certificat d’habitabilité) est également requise. Il n’existe pas d’équivalent au dossier d’expertise obligatoire français.

C’est pourquoi il est conseillé de faire réaliser une expertise structurelle indépendante par un architecte pour les biens anciens ou ayant fait l’objet d’importants travaux de rénovation. Ces vérifications – permis d’urbanisme, permis de construire, dettes en cours et charges de copropriété – sont généralement effectuées par votre notaire dans le cadre de la vérification préalable. Notez que la garantie légale contre les vices cachés (vicios ocultos) n’est que de six mois en Espagne pour les biens en revente, contre une durée plus longue en France – une raison supplémentaire pour laquelle il est essentiel de procéder à une vérification préalable approfondie avant la signature.

Bon à savoir : les agents immobiliers en Espagne sont moins réglementés qu’en France, où une carte professionnelle est exigée au niveau national. Vérifiez toujours les références de votre agent et assurez-vous que votre notaire examine tous les documents de manière indépendante.

5. Paiement à la signature

L’une des différences pratiques les plus importantes à prendre en compte concerne le mode de paiement à la signature. Contrairement à la France, où le notaire gère le transfert des fonds, l’Espagne ne dispose pas d’un mécanisme central équivalent. Le paiement s’effectue généralement par chèque bancaire (cheque bancario) tiré sur une banque espagnole, ou par virement bancaire, le jour de la signature de l’escritura. Votre avocat vous confirmera le mode de paiement à l’avance. Dans tous les cas, il est essentiel d’ouvrir un compte bancaire espagnol dès le début du processus – vous en aurez également besoin pour mettre en place des prélèvements automatiques pour les frais récurrents tels que les charges de copropriété et les factures de services publics.

Après la signature, une gestoría – une société de services administratifs sans équivalent direct en français – se charge pour votre compte du paiement des droits de mutation, des frais d’enregistrement foncier et de toutes les formalités administratives associées. Vous pouvez vous attendre à recevoir votre titre de propriété enregistré (escritura inscrita) dans un délai de quatre à huit semaines après la finalisation de la transaction.

Bon à savoir : planifiez soigneusement votre transfert de devises. Le chèque bancaire doit être disponible le jour de la signature ; prévoyez donc suffisamment de temps pour que les virements internationaux soient crédités sur votre compte espagnol avant la date de finalisation.

6. Commission de l’agent immobilier

En Espagne, la commission de l’agent immobilier est le plus souvent payée par le vendeur – généralement entre 3 % et 6 % du prix de vente, plus la TVA. Cela est globalement similaire à la France, où la commission est également généralement payée par le vendeur. Cependant, les pratiques en Espagne ne sont pas uniformisées : selon l’agent, la commission peut être payée entièrement par le vendeur, entièrement par l’acheteur, ou partagée entre les deux. Précisez toujours qui paie avant de mandater un agent, comparez les conditions entre les agents lorsque cela est possible, et assurez-vous que tout accord soit confirmé par écrit.

Il est également courant en Espagne que plusieurs agents commercialisent simultanément le même bien immobilier – contrairement au système de mandat exclusif plus courant en France –, vous pouvez donc voir le même bien proposé à des prix légèrement différents sur différents portails.

7. Délais habituels

En Espagne, il faut compter entre deux et quatre mois entre l’acceptation de l’offre et la finalisation de la transaction. Ce délai est globalement comparable à celui de la procédure française, bien qu’il puisse varier. Il couvre le temps nécessaire aux vérifications juridiques, à la demande de NIE (si vous ne l’avez pas déjà obtenu), à l’approbation du prêt hypothécaire (le cas échéant) et à la préparation de tous les documents pour l’escritura. L’achat d’un bien neuf sur plan peut prendre beaucoup plus de temps, selon le stade de construction.

Bon à savoir : si vous avez besoin d’un prêt immobilier espagnol, prévoyez un délai supplémentaire. Les banques espagnoles prêtent généralement jusqu’à 70 % de la valeur du bien aux non-résidents. Pour un aperçu complet des options de prêt immobilier, consultez notre guide sur les prêts immobiliers en Espagne pour les non-résidents.

Point cléFranceEspagne
Rôle du notaireCentral ; conseille, tient le dépôt, gère les paiementsAuthentifie uniquement l’acte ; n’a pas de rôle consultatif
Avant-contratCompromis de vente (devant notaire)Contrato de arras (contrat privé)
Délai de réflexion10 jours pour l’acheteurAucun
Acompte5 à 10 %, automatiquement placé en dépôt fiduciaireGénéralement 10 % ; dépôt fiduciaire non automatique
Clause d’hypothèqueIncluse automatiquementDoit être demandée explicitement
Droits de mutation (ancien)~7–8 % du coût total6 à 11 % de l’ITP selon la région
Droits de mutation (neuf)20 % de TVA + environ 0,715 % de frais10 % de TVA (IVA) + droit de timbre
Dossier de diagnostic obligatoireOui – DPE, amiante, termites, etc.Certificat énergétique uniquement (+ cédula en Catalogne)
Commission de l’agent immobilierGénéralement à la charge du vendeurPrise en charge par le vendeur (généralement 3 à 6 % + TVA)
Paiement à la signatureVirement bancaire via le notaireChèque bancaire d’une banque espagnole
Un avocat est-il recommandé ?Généralement pas nécessaireOui – fortement recommandé
Réglementation relative aux agentsCarte professionnelle obligatoire au niveau nationalMoins réglementé ; les normes varient
Durée habituelle~3 mois2 à 4 mois (plus long pour les constructions neuves)
Acheter un bien immobilier en Espagne ou en France : les principales différences en un coup d’œil

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Les informations contenues dans cet article sont uniquement données à titre d'information générale et de conseils. Nos articles ont pour objectif d'enrichir votre compréhension du marché immobilier espagnol, et non de fournir des conseils professionnels d'ordre juridique, fiscal ou financier. Pour obtenir des conseils plus spécialisés, il est recommandé de consulter des consultants professionnels. Bien que nous nous efforcions d'être rigoureux, thinkSPAIN ne peut pas garantir que les informations que nous fournissons soient complètes ou parfaitement à jour. Les décisions prises sur la base de nos articles relèvent de votre entière responsabilité. thinkSPAIN n'assume aucune responsabilité pour les décisions prises, les erreurs ou les omissions.

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